~ °¤° ~ Kado no Kisshouten ~ °¤° ~ Portails des Guides
Ça alors, un visiteur !

Serais-tu ici pour commettre un quelconque affront à l'égard de nos chères déesses ? Serais-tu fou de vouloir provoquer leur colère et ainsi précipiter ta perte ?

Méfiance jeune étranger, car si tu ne suis pas les directives de ces deux dames à la sagesse n'ayant d'égale que leur immense longévité, tu risquerais de te perdre dans les limbes du chaos et de l'inexistance, et ce à jamais...

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 Il était une fois dans Nebel

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Eïkiko Kobayachy
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MessageSujet: Il était une fois dans Nebel   Ven 29 Aoû - 5:19

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Danse de la fée dragée / Tchaïkovsky


Tout ce qui sera dit ici concernera le passé. Vous vous trouvez dans l'univers, à une latitude qui vous est inconnue. Le mot latitude lui même ne vous évoque rien. Si vous en trouviez la définition dans un livre, vous ne pourriez pas la lire; vous vivez à Nebel, et comme 97% de la population, vous êtes pauvre. Comme 82% de la population vous êtes torturé par la famine, et peut être même par une ou plusieurs maladie, dont vous ne connaitrai surement pas le nom à votre mort. La totalité de vos pairs n'excède qu'une fois sur 700 personne les 45 ans; vous êtes au pays des " cauchemards " ou " cauchemars " si vous voulez.

Plongez plus loin entre la crasse, à cet endroit, au milieu des rues de jeux d'argent, de prostitution, où vos fantasmes les plus fous s'achètent au prix que vous mettez dans le sel de votre soupe. A l'endroit ou la vermine meurt tellement les mendiants qu'elle tente de parasiter sont remplis de déchets toxiques et de maladies. Vous le voyez ce panneau dans la Contrée de Trois que vous venez de passer ? Il vous indique que vous vous dirigez vers le quartier Lusanien.
Quand vous vous rapprocherez, cherchez bien le Tripot de gamble, et enjamber le chien du jeune aveugle devant l'affiche des tarifs. Il ne mord pas, mais son maître n'a qu'un seul handicap, et ce n'est pas le fait d'être manchot. Il y a un monde fou, et des enfants qui se ruinent l'échine à passer une serpillère sans eau. Le patron parle encore avec cette famille. Celle qui lui envoi des enfants régulièrement, quand l'orphelinat n'en a pas voulu. Celui qu'ils amènent aujourd'hui est un enfant de païens. Il n'est bon à rien, le mal l'a déjà perverti. On pourrait même dire " elle ", mais il ne faut pas que les clients sachent. Si ils veulent que ce soit un petit garçon, après quelques verres ça sera effectivement un petit garçon. Pourtant ici ce n'est pas un bordel. Non, personne ne se prostitue dans ce tripot. Des filles de joies de temps en temps, mais le patron les chasse vite. Sauf si la maison qui les envoie le paye bien sur.

- " Et alors! va faire la vaisselle ! qu'est-ce que tu attends ! se met à crier le tenant des murs puants l'alcool et respirant les déboires de ses consommateurs.

Comme si l'enfant était censé comprendre ce qu'il faisait là, avant même qu'on lui ai demandé son nom. Un prénom d'ailleurs, est-ce qu'elle en avait un ? Comment savoir, c'était jusqu'ici à la fantaisie des jours qui l'avaient amenée devant les familles de hasard, les églises, les orphelinats. " Tu ne peux plus rester ici." Personne ne le disait jamais franchement, mais à quoi pouvait servir un enfant ? Trop faible pour porter de lourdes charges, trop petit ou trop grand pour ce qu'on voulait faire de lui. Mais ici elle allait être utile. La vaisselle ? Oui, elle savait la faire, et le stage à perpétuité qu'on lui proposait permettait amplement d'apprendre en prévision du cas échéant. Elle s'avança en trottinant, puis s'arrêta quelques mètres plus loin. La vaisselle, c'était par où ? Le patron lança un regard suspicieux à ceux qu'il accusait intérieurement de leur avoir revendu une gamine atteinte de débilité:

Ça ira... mâchonna-t-il. Au moins elle parlera et au mieux ça sera. T'as compris?

Sans attendre la réponse il leva la tête vers un autre enfant. Plus âgé et beaucoup plus robuste, d'environ treize ans. L'affaire était signée par les liens sacrés des témoins du comptoir. C'est ainsi qu'on venait d'accueillir, pour la troisième fois Eïkiko dans un nouvel endroit.

Les jours eurent beau passer, les heures furent monotones, les journées moins longues que les soirs, mais rien ne venait perturber l'obéissance. Chacun avait faim. Personne n'avait de nom, juste des souvenirs. Rares étaient les échanges, inexistants même pour ceux à qui l'on avait tellement peu adressé la parole qu'ils ne savaient pas parler. Car un enfant à qui l'on ne parle pas n'apprend pas à parler. Les ordres ne suffisaient pas beaucoup à les différencier des bêtes et à les éduquer à la sociabilité. Pratiquement autant de garçons que de filles. Le travail était le même pour tous. Quoi qu' à mesure que les âges passaient, une certaine hiérarchie avait commencé à s'organiser. Les mois passant, les enfants mourraient, fuguaient, ou tout du moins disparaissaient. Les orphelins ne manquaient pas, et celui qui les utilisait n'avait aucun soucis matériel concernant la mortalité de ces exécutants aussi muets que bon marchés.

La nuit, quelques grelotements, mais pas de pleurs. Aucun ne faisait de choses aussi inutiles. Quand cela pouvait arriver rarement, les autres savaient que c'était le signe qu'il n'allait pas faire long feu. Trop faible et trop fragile pour affronter les efforts physiques qu'on allait lui imposer. Parfois, quand ils faisaient tous semblant de fermer les yeux, l'un des plus grands, généralement leur leader se levait dans la nuit, et il étouffait de ses mains le pauvre rejetons qui ne pouvait plus supporter son existence. " Veux tu vivre ou mourir ? " Un simple regard suffisait à entendre la réponse. Certains soirs quelques-uns d'entre eux étaient réveillés. Ils revenaient bien plus tard, ou ne revenaient pas.

Les moments de liberté étaient un luxe qu'on ne leur permettait en principe pas. Mais tout comme les chiens, les enfants pouvaient être lâchés dehors pour quelques heures. Parce que quand la faim les prenait au ventre, nul doute qu'il revenait quoiqu'il arrive pour survivre.
Un jour ou le soleil se faisait capricieux, l'averse fit rentrer tout le monde en même temps. Excepté peut être la petite Eïkiko, dont les cheveux tournèrent aux blonds sombre, ses mèches d'un légers roux se mettant à devenir plus visible que le reste. Elle vit au loin un groupe d'enfants, en train de discours sur on ne savait quoi. L'un d'entre eux faisait face aux autre et semblait préoccupé par quelque chose qu'on lui montrait, dissimulé au milieu de la troupe. Elle observa attentivement ce qui se passait, le déluge continuant de lui couvrir les épaules en attendant que le reste de son corps soit entièrement trempé. Une légère toux lui fit courber la tête. L'enfant séparé du groupe dut l'entendre car il pencha la tête vers elle. Une mine dure se posa sur son visage. Quelque chose devait l'intriguer, puisqu'elle regarda avec attention les réactions de ceux qui l'entouraient, espérant sans doute obtenir un quelconque avis, ou renseignement à propos de ce qui l'intriguait. Puis le débat continua.

Un quart d'heure plus tard le groupe était dissipé, des bâtons plus ou moins noircis trainaient sur le sol, et la pluie ne cessait de croitre.

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MessageSujet: Re: Il était une fois dans Nebel   Sam 30 Aoû - 6:43

Loin du quartier Lusanien, sous le temps le plus maussade possible, une famille de paysans essayaient de sauver les pousses d'herbes folles qui leur servait de récolte. Finalement c'est un peu par dépit qu'ils se résolurent à s'abriter. La médecine n'existait pas, ils auraient bien l'air idiot mort mais en possession de leurs maudites céréales.

L'ainé rongeait avec nonchalance un morceau de bois qui semblait avoir du goût. Assis sur la terre poussiéreuse à peine humidifiée par l'air ambiant. Deux jumeaux et un enfant qui marchait à peine regardaient. Le cadet était partis il y avait un moment. Il s'était engagé dans on ne sait quelle cabale et on ne l'avait plus revus. Puis il y avait un autre enfant. Vraiment jeune, qui semblait à peine avoir plus que celui qui courait derrière la vermine au sol. Cinq ans peut être à première vu ? Huit ? Surement pas plus. Personne ne savait exactement quel âge elle pouvait bien avoir. Peut être elle même l'ignorait. Ses traits marquait le manque de longévité de son existence, ses membres ne semblaient pas avoir souffert de blessures quelconques. C'était à peine si la noirceur de ses mains rappelait qu'elle était un enfant élevé dans les champs. En revanche sa peau était étrangement teintée. Un peu foncée, mais une impression de teint blafard. Ses cheveux s'entremêlaient dans de longues mèches ressemblant à de la paille. Très peu entretenues et tenus par une queue de cheval qui passait plus souvent pour un catogan tant elle était mal faite. Des mains qu'on ne voyait pas dépasser sous ses habits. Elle se remontait d'ailleurs continuellement ses manches. Ses habits étaient ternes, son regard n'avait rien de celui d'un enfant, mais ses manière et ses gestes avaient un côté maladroit.

Personne dans la famille n'osait lui donner d'ordres. Elle exécutait pourtant ses tâches quotidiennes sans trop faire de bruit. Quand elle parlait, personne ne comprenait trop où elle voulait en venir. Il arrivait fréquemment qu'elle ne finisse pas ses phrases. Difficile de dire si c'était quelqu'un d'agréable ou non. Tout le monde savait qui elle était dans le hameaux ou elle habitait. Pas étonnant, elle avait vu naitre presque chacun d'eux. Combien l'avaient vu, arpenter les chemins autant de jour que la création leur avait octroyé. Tant et si bien qu'on avait finit par penser que c'était un esprit.

Autant qu'elle s'en souvenait, elle avait toujours vécu sur ce sol. Cette terre de résignation, de frustration, pleine de saleté et de difficultés. Depuis son arrivée, elle était restée plantée là, sans rien dire, sans avoir conscience de quoique ce soit. Avec le temps, des hommes étaient arrivés, et avaient investis les lieux. Certains d'entre eux l'adoptèrent. Ils l'élevèrent comme un de leur enfants, puis ses nouveaux frères et sœurs grandirent, ses parents moururent, et vint le tour de certains de cette ancienne fratrie. Personne n'avait jamais remarqué que quelque chose n'allait pas. Jusqu'à leur mort ses parents lui répétèrent qu'il ne fallait pas s'inquiéter, qu'elle aussi finirait par vieillir et devenir adulte. Mais cela n'arriva jamais, et bientôt elle finit par voir tout son clan s'éteindre, avant d'atteindre la taille nécessaire à attraper ne serait-ce que les assiettes sur la première étagère. Bien qu'elle n'ait jamais nourrit de particulière affection à tout ces gens, qui restaient souvent pour elle des mystères, ces évènements lui causèrent tout de mêmes quelques angoisse concernant son identité. Il était inespéré qu'aucun villageois ne l'ait jamais suposé démon ou être maléfique.

Son plus grand soucis avait toujours été de se mettre à la place d'autrui. Elle n'avait toujours pas compris exactement si elle appartenait aux personnes partageant son quotidien. Qu'est-ce qui différenciait le bien du mal elle pouvait bien se le figurer, mais à vrai dire une femme et une poule n'étaient-elles pas énormément semblables ? Elles respiraient, mangeait, émettaient des sons. Des couleurs les pigmentaient, et c'était sans compter la capacité de mouvement, et les tentatives de communication. Totalement incapable de différencier les humains des animaux, elle s'exerçait curieusement à parler avec des chiens au cas où ils seraient fâchés d'avoir été pris pour des bêtes, n'en étant pas. Certaines fois ses tentatives portaient leurs fruits, et les chiens lui répondait civilement. C'était à ces moments qu'elle dévisageait ses interlocuteur comme pour déchiffrer quel détail aurait du la mettre sur la piste.

Sa vie ne lui semblait pas monotone. C'était tout ce qu'il y avait de plus normal pour une personne vivant dans la périphérie de la contrée du Trois.
De temps en temps, la nuit, les paysans avaient des sortes de poussées d'hystéries collectives. Ce mal touchait beaucoup d'habitants à Nebel. Des hôpitaux réservés aux aliénés avaient même étés érigés. Mélusine, car c'était son nom, elle n'avait jamais eu un rêve. Il était rare qu'elle dorme, peut être en était-ce la raison. Mais elle entendait les passants se plaindre de visions d'horreur. Aussi se félicitait-elle de n'avoir pas de rêves, afin de ne pas en subir les terrifiantes angoisses.

Un soir, elle s'assit sur le sol froid un peu à l'écart de la propriété où elle résidait. Elle ferma les yeux et essaya de se figurer ce qu'était ce que les autres appelaient " la peur ". Ce mot relevait le dégout chez elle, car il semblait fascinant. Tout ce qui était fascinant la mettait hors d'elle même, car elle n'aimait pas ce qui brillait trop et attirait les autres. La colère ne cessait de croitre, et le ciel semblait plus enclin que jamais à rester plat, de manière à ce qu'elle ne puisse pas réunir les conditions nécessaires. La mort ? Était-ce cela la peur ? Ou était-ce un mal physique ? Elle se souvint à l'instant que bien d'autres choses lui échappaient, alors qu'elles semblaient somme toute naturelle à ses congénères. Cette idée lui donnait envie de mordre. Tout simplement parce que la simple idée de se penser exceptionnelle était ridicule à s'en tuer. Il n'y avait rien de plus prétentieux, et preuve à l'appuie ou pas, mieux valait être un ver de terre plutôt que de devenir l'une de ces choses banales et fade au possibles, mais rares et qui donc suscitait la stupide attention de tout le monde. Le problème n'était pas d'être un animal de foire, mais tout simplement qu'on s'intéresse à elle pour des choses qui n'en valait vraiment pas la peine. Rien ne la rendait plus folle que de voir des jeunes femmes en train de glousser devant un nouveau née, comme si cet être difforme et sans visage pouvait avoir un quelconque attrait. Tel était ce qu'elle pensait d'elle même. Elle n'était pas différente du plus ordinaires de ces nouveaux nés. Un soupir lui vint. N'y avait-il que les sentiments négatifs qui lui étaient abordables ? A ce qu'on lui avait dit, la peur était ennuyeuse mais utiles dans certaines circonstances. Mais la colère, cela oui, c'était un sentiment connus. Cette perpétuelle rage qui animait son âme comme le papier brûle imbibé d'alcool pure. Rien extérieurement ne montrait les déchainements qui faisaient grincer ses dents quotidiennement. Il n'y avait pourtant aucune raison particulière, cela l'énervait souvent encore plus.

La violence était en elle comme on apprend à respirer, voila pourquoi elle évitait d'avoir des conversations trop longues. Ses yeux finissait toujours par dévorer son visage d'agressivité, et cet ersatz de folie qui gravait les pierres de morsures et déchirures d'ongles lui intimait la crainte de tuer par un moment d'intensité. Cet aspect là avait tendance à lui donner des accès de frénésie. Ne sachant se décider si cela était bon ou mauvais, ou tout simplement si cela était à ignorer puisque de toute façon cela n'avait aucun impacte extérieurement à ses réflexions. On lui disait souvent qu'elle réfléchissait beaucoup trop. Peut être en partie du à son aspect enfantin, mais aussi parce que les gens de sa caste ne se posaient pas trop ce genre de questions, voir n'en avait jamais eu ne serait-ce que l'idée. L'intelligence était synonyme de snobisme, voila pourquoi sans doute personne ne protestait qu'aucune école école ne leur propose d'enseignement. Comment avait-elle le temps de penser à cela pendant qu'elle marchait dans la boue afin de piquer les nouveaux plants de la prochaine saison ? D'ailleurs, avait-elle besoin de manger ? Tout le monde avait l'air de ressentir une vive douleur due à la faim, mais elle, bien qu'elle ressentait l'envie de manger n'avait jamais pleurer comme ses frères d'avoir manqué de quoi se nourrir. Une certaine fatigue de toujours être traversée par tant d'information la prit peu à peu.

Une fois on lui avait dit que penser c'était arrêter d'avancer. Elle se félicitait donc de ne se préoccuper que d'elle même, tant ces seules pensées la freinait déjà surement dans sa progression. Peut être était-ce la raison de son état infantile. En réfléchissant trop son corps n'avait pas pris le temps de se développer, tant son esprit lui prenait d'énergie.

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MessageSujet: Re: Il était une fois dans Nebel   Mar 2 Sep - 9:25

Dans la rue, pendant cet après midi de pluie, elle croisa par hasard le regard d'une petite fille étrangement propre. Étrangement parce que tout les enfants se salissent, surtout quand ils ne sont pas de bonne famille, et ses habits indiquaient qu'elle était pauvre. Ses yeux étaient verts. Étonnant. Aussi étrange que cela puisse paraitre elle n'avais jamais pensé que cela puisse exister; Peut être parce qu'elle croisait peu souvent les regards.Ses cheveux étaient d'une longueur impressionnante aussi. Au début pensait-elle qu'ils étaient blonds, mais en voyant ce qui dépassait de ses habits, on entrevoyais qu'ils étaient aussi bruns. Soudain elle me rappelait ce qu'elle entendait dans la famille qui l'avait recueillis. Les représentations des idoles païennes... Ce visage au teint sombre, ces yeux clairs pour charmer les âmes pures et les détourner. Prise de panique elle essayait de ne pas le montrer et de partir comme si de rien n'étais. Mais aussi lentement qu' Eïkiko avait marché, personne ne la suivait.

En rentrant elle était arrivée en retard. La punition ne se fit pas attendre. Quelques coups plus tard, le ventre vide et sous la pluie le droit de rentrer ne lui fut octroyé qu' avant que l'auberge ne ferme, vers quatre heures du matin. Quelques mois passèrent, et on ne revis plus cet enfant qui ressemblait aux démons dans les livres. D'ailleurs la petite fille ne savait toujours pas lire. Pendant le peu de temps ou elle était restée dans ma famille d'adoption on lui avait cependant appris à déchiffrer les lettres de l'alphabet. En conséquence elle n'avait jamais lu un livre, ni même une pancarte. Entre temps, la pauvre innocente avait finit par parler aux autres de ce qu'elle avait vu. Après cette révélation, ils se mirent tous à la regarder comme si leur camarade était devenue contagieuse et reculèrent un par un. Certains se moquèrent de sa naïveté et d'autres se méfiaient. Plus personne ne voulait toucher ce qu' elle avait touché, et même certains clients refusèrent d'être servis pour cette raison. Pourtant l' ainé des autres enfants ne la prit pas en grippe. Comme il disait ce qui comptait pour lui c'était de travailler pour avoir à manger, et le reste il n'y croyait pas. Il finit par confier que cet enfant qu'elle avait vu, il l'avait vu aussi, et qu'il savait même ou il habitait. En réalité donc, il ne devait pas 'agir d'un démon. Puisque les démons n'étaient pas réputé pour vivre dans une maison avec des parents humains.

Vous allez rire, mais au début de l'automne suivant Eïkiko finit par être plus que sérieusement malade, ne sachant même pas combien de temps elle était restée dans cet état. En se réveillant entre les accès de fièvres l'orpheline avait compris ne plus être au tripot de Gamble ou sa famille d'adoption l'avait laissé. Cette fois c'était un endroit beaucoup plus luxueux. Endroit ou elle était seule aussi. Dans la chambre des gravures dorées, de la tapisserie verte brodée. Il faisait toujours sombre. Celui qui l'avait recueillis était un homme encore jeune, il lui portait pour une raison inconnue une étrange affection. Un immense portrait extrêmement sombre, aux teintes pourpres et absinthes était accroché. Il y avait trois personne représentées au premier plans. Au centre une jeune femme aux allures farouches, un regard menaçant comme celui des animaux qu'on est en train d'approcher. Sur sa droite, à ses côté et bien droit, un homme dont les ténèbres semblaient flotter autour de lui. Son visage était sombre avec des reflets bleus, des cheveux tombant en cascade. Des traits marqué des pommettes hautes mais pas saillantes, un visage émacié et dur. Sur la gauche se tenait une femme avec un voile bleu nuit, elle semblait presque à genoux, implorant la jeune femme du milieu. Derrière eux, de simples hommes qui tombaient du ciel, ou qui l'implorait, souvent à genoux, habillés de sortes de tuniques capes et toges. Si il devait y avoir un jour une représentation de la terreur inspirée par les dieux, c'est ce tableau que l'on choisirait.

-" C'est Cauchemar, la déesse du chaos nocturne. Elle est aussi connue pour être la déesse née pour mettre fin aux guerres entre les dieux. Son nom inspire la terreur chez les païens comme chez les croyants de la religion officielle... A sa droite cet homme sculpté comme une statue antique était son père : Sommeil, à sa gauche " Nuit " sa mère, implorant le pardon pour avoir voulu sa perte. "

C'est ce que cet homme avait dit. D'autres tableaux bien aussi terrifiant jonchaient sa demeure.
Même si on la laissait libre, elle n'osait jamais s' aventurer seule dans les couloirs. Dans le hall d'entrée étaient sculptées tout les dieux païens, dont Roi, leur chef, se tenant fièrement face à Hermès, dieux déchu, un enfant dans les bras. Cet enfant était sa propre fille " Opium ". Ces œuvres étaient la représentation du plus haut dieux, accompagné de sa cour punissant Hermès pour avoir perdu l'enfant devant ramener la paix au royaume des dieux. Au sommet des deux escalier en arc de cercle après le hall, un sceptre géant posé sur une balance. Il était interdit de représenter le dieux de la religion officielle, et il était interdit de prononcer sont nom.

Petit à petit, cette affection ambigüe s'était concrétisée, mais quand on est enfant on ne comprend pas toujours ce qu'on nous fait, et on ne désobéit pas. De toute façon, il est fort probable que cette torture aurait put durer jusqu'à ce que ce prêtre corrompue s'en soit lassé si il avait été seul maître de son destin.
Eïkiko ne comprenait pas trop pourquoi, mais cet homme, nommé " La Vérité " essayait par tout les moyens de tomber malade. Voila pourquoi sans doute il l'avait amené chez lui dans un premier temps. Chaque jour il lui posait la même question " as-tu fait un rêve ? " Il n'était pas rare que des délires dus aux accès de fièvres lui donne de mauvais songes en effet. D'étranges tâches de naissance rouges étaient parsemées sur son visage, lui donnant un air un peu fou.Il l'était sans doute. Dès que l'enfant était sur le point de guérir, il faisait en sorte qu'elle reste malade, pour lui reposer encore cette question chaque fois qu'il la réveillait. A ce qu'il paraissait, elle n'était pas la seule à avoir été utilisé ainsi. Cependant, pour une raison qu'elle ignorait, elle semblait avoir été quelques peu privilégiée. Sans doute par-ce qu'aucun enfant n'aurait pu survivre aussi longtemps ainsi traité. D'autant plus que son bienfaiteur n'était pas le seul à avoir le droit de l'approcher.

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MessageSujet: Re: Il était une fois dans Nebel   Mar 2 Sep - 16:22

Comme tout les jeudi, une livraison venant des paysans voisins arrivait pour les membres du clergé. Ce jeudi là n'était pas un jeudi ordinaire pour les Theragant. En effet, la vieille mère était sur le déclin, et c'était à sa fille cadette qu'on avait délégué le travail des livraisons en compagnie de son frère, le puis né. ( L'ainée étant mariée et logée dans une campagne voisine ) Le fils était donc partis livrer à l' aumônerie et l'église de la place principale. Il avait laissé soin à sa sœur de livrer à plusieurs adresses, souvent des notables, comme La Vérité.

Personne n'avait le droit d'entrer par la porte principale. La raison n'était connu de personne sauf peut être lui même; Les domestiques - ce qu'étaient les livreurs - devaient passer par les cuisines, à l'arrière, au niveau du rez de chaussé. Des femmes étaient affairées aux fourneaux. Aucun homme à cet endroit de la maisonnée. Elle discutaient:

- " Si ce n'est pas malheureux, tu sais combien ont déjà passé ?

- Bien sur, mais tout cela n'est pas très net si tu veux mon avis ! Faut bien qu'on soit de petites gens pour ne rien dire...

- Qu'ont-ils bien pu attraper ces enfants qu'un les gardes si longtemps ? C'est à croire qu'il les rendrait encore plus malade au fur et à mesure qu'il les garde !

La cadette Theragant friande de commérage n'avait pas perdu une miette de la conversation, et bientôt, elle ne tarda pas à entrer, d'un pas faussement étourdi et mal assuré:

- Hé... enfin me voici, c'est pour le pain, mon frère reviendra vous donner les sac de patates qui sont plus lourd vraiment !

Les maigres comme les bien en chaire se tirèrent de leurs travaux, examinant la fluette silhouette qui se présentait à elle. Il fallait bien, le reste de la mâtiné allait être occupée par les commérage au sujet de la nouvelle.

- Ouais, ben ma belle t'a qu'à poser ça la et puis tire moi un sac sur la table, je vais m'en servir pour dans une heure tu sais...

Elle s'exécuta, et le silence régnait dans la pièce. Chacune s'observant en chien de faïence. Point de discutions superficielles ne se firent, mais la jeune personne qu'était la livreuse n'omit pas d'entendre le craquement d'os provenant d'un établis.
Les autres dans la pièce faisaient leur encas sur le pain de leurs employeurs visiblement. Sentant sa salive grimper, elle essayait maladroitement de ne regarder que du coin de l' œil. Sans rien dire, une idée faisait son chemin dans sa tête. Elle aurait bien aimé elle aussi servir aux cuisines du clergé et se régaler ainsi pendant sa besogne.

- Ben nous regarde donc pas comme ça la nouvelle ! On fait rien de mal, tu sais ceux pour qui on fait ça, ils n'ont même plus la force d'y toucher, alors tu sais... Nous tout ce qu'on fait c'est qu'on gaspille pas. "

Les autres eurent un rire vulgaire et des gloussements. La jeune femme acquiesça. Elle n'avait rien contre cette vision des choses, bien au contraire. Autant dire qu'elle s'y voyait déjà, avec ces beaux tabliers tout propre,et ce bon ventre qui voulait dire " je mange autant que dieux m'en donne envie ". L'air de rien, elle partit aussi lentement que possible, et se posta devant le hall, faisant mine de ramasser du pain qui était tomber. Elle joua ce manège pendant près d'une heure et demie. Si bien, que son frère en rentrant de sa propre tournée se mit à la chercher. Quand enfin, ce qu'elle attendait arriva.

Une calèche s'arrêta au niveau du grand portail de la demeure. Le cochet descendit, une cape et un haut de forme, faisant une légère révérence pour ouvrir à ceux qui avaient voyagé à l'intérieur. Un grand homme aux cheveux s'arrêtant au niveau des épaules, vêtu d'une cape, un pantalon de ville et un blaser en sortit, faisant signe à un ecclésiastique qu'on devinait, qui ne descendit pas et repartit avec la calèche. C'était le maître de la demeure, il tenait dans ses bras le corps d'un jeune garçon, à moitié inerte, on l'eut cru mort. Une quinte de toux vint décontenancer la rigidité de sa posture.
Arrivé au niveau de la porte, la livreuse qui avait passé tant de temps à élaborer son stratagème ne perdit ni le nord ni le sud l'accostant bravement.

- " Hola, c'est qu'il est mal en point le pt'i gars! Désolé Monsieur pour tout ce raffut, je suis nouvelle, et voila que mon équilibre s'est étourdi, et tout mon pain il est tombé !

Le jeune homme détourna son visage vers son interlocutrice, laissant apparaitre les tâches couleur sang sur son coté droit. Elle eut du mal à cacher sa surprise et sa fascination, elle même emprunte d'une certaine terreur. Mais le sourire qui s'installa sur le doux visage de celui qui un instant auparavant l'avait fait sursauter la rassura. Il était plutôt bien de sa personne, sans arrogance et l'on devinait une personnalité généreuse, sans brusquerie. A la façon dont il tenait ce jeune garçon entre ses bras il paraissait même très délicat, comme si il eut tenu un écrin précieux. Marquée doublement de stupeur en trouvant du charme à cet inconnu, elle rosit légèrement et essaya de se reprendre, le fixant béatement, sans crainte de le dévisager:

Excusez moi Monsieur, mais je crois que je peux vous le demander ainsi... Je ne mendie pas croyez moi, mais y'aurait-il pas de la place pour une fille sérieuse dans vos cuisine. La terre c'est dur vous savez, et puis c'est pas sur... Si vous m'engagiez je serait toujours à l'heure bien sur, je veux bien même si il le faut habiter sur place.

Surpris d'une demande aussi directe encore plus que marginale, il semblait ne pas sentir le poids de ce qu'il portait. Comme si soulever une trentaine de kilos à bout de bras ainsi pendant un temps indéfinis eut été l'enfance de l'art.

- Et votre famille mademoiselle ? Ne serait-elle pas au chagrin de vous savoir loin de votre campagne, fut-elle proche certes ?

- Oh monsieur, vous gênez pas pour ça. Nous on est bien pauvre, alors là ou on veut de nous on y va. C'est pas comme si on était difficile ! assura-t-elle en lui donnant sans réfléchir des coup de coude complices. Assurément elle manquait d'éducation. Il ne s'en formalisa pas. Et vous savez, je peux vous être utile! Par exemple, si votre petit gars là ben vous voulez le soigner, j' connais bien quelqu'un qui doit pouvoir vous faire de la potion ! si si !

Il ne prêta pas attention à la deuxième partie de sa remarque, un peu farfelue et lui répondit avec des égards inattendus:

- Quel est votre nom vous qui me semblez bien déterminée pour une si jeune personne ?

- Je m'appellerai comme vous voudrez monseigneur! Mais chez moi on m' appelle " cako ". Je sais pas pourquoi, mais c'est cour et puis c'est pratique, même les gosses savent le prononcer vous savez ?

Pendant qu'elle riait de ses propres spiritualité il eut un autre sourire polie, pour montrer qu'il écoutait ce qu'elle disait. La peau qui s'étirait de son menton jusqu'au haut de ses pommettes semblait rude, mais carrure était à peine entrée dans l'âge adulte. Difficile de deviner son âge. Ainsi fut engager " Cako ", une travailleuse qui attendait beaucoup après ses privilèges et qui n'aurait donné sa place pour rien au monde. Autant dire qu'elle ne savait pas ce qu'elle aurait put souhaiter de mieux à part un mari et peut être un ou deux enfants pour travailler un peu avec elle et la décharger de ses soucis financiers.

Chaque jours, elle s'occupait avec les autres femmes de préparer les médicaments et de les mettre devant la porte. Des domestiques se chargeaient régulièrement. De plus en plus d'enfants arrivaient et repartaient, mort, et les domestiques avec, mais vivant en revanche. Le travail devait être dur. Cako se dit que c'était surement la peur de mourir contaminé qui faisait fuir les domestiques. Elle n'avait surement pas tort. A Nebel on ne s'attachait pas comme ça à des enfants qu'on nourrissait deux fois par jour. " Au moins tu en sais, au mieux c'est pour toi ", c'est ce qu'avait toujours répété son père avant de mourir, et elle y croyait dur comme fer. Paraitre idiot et innocent quoiqu'il arrive était son crédo. Quand on lui avait demandé si elle voulait bien s'occuper d'un ou deux enfants, elle avait répondu " de toute façon si j'étais en bonne santé mais morte par-ce que j'avais pas à manger ça servirait à rien. " Elle n'avait pas tort. Sur le plan théorique sa logique était indiscutable.

C'est donc régulièrement qu'elle s'occupait du dortoir numéro 1, le seul qu'il y avait d'occupé ( d'après ce qu'on lui avait dit ). Elle avait remarqué qu'on apportait aussi toujours un plateau au premier étage, dans une pièce censé être le bureau du maître de la demeure. Mais comme il était très souvent absent, la jeune femme avait eut le temps d'imaginer qu'une autre personne devait y demeurer. Peut être un proche de sa famille ? Elle ne tarda pas à poser la question, et on lui expliqua que personne n'était assigné à cette chambre. C'était au propriétaire de cet endroit que revenait cette tâche, soit le jeune homme très bon qui l'avait engagé. La cheftaine des cuisinière lui confia que l'enfant qui était dans cette pièce y étais depuis bientôt 8 mois, et que son sort était plus que compromis. Elle se souvint alors de la discutions qu'elle avait entendu en entrant pour la première fois dans les cuisines. Les jours passaient et les plateaux revenaient toujours pleins. Si bien qu'elle était rassasiée de tout son saoul en finissant ce qui n'avait pas été consommé, et qu'elle commença à s'interroger sur la nature de la maladie dont était atteint ce pauvre enfant. Quand elle questionna le principal intéressé, elle n'obtint pas de réponse précise, mais il lui interdit de franchir cette porte à cause des risques de contagion. Cet homme lui apparaissait de plus en plus comme un ange ou un saint. C'est pourquoi elle décida qu'il ne fallait pas laisser une personne aussi bonne s'exposer plus longtemps au danger.

Un début d'après midi, alors qu'elle allait récupérer le plateau encore une fois à peine touché, elle décida d'entrer dans la chambre. Maintenant qu'elle s'était exposée au danger, on ne pourrait plus lui refuser de continuer. Évidemment elle ignorait qu'une maladie ne contaminait pas automatiquement et que si l'on était pas contaminé la première fois, ce pouvait se faire la deuxième. C'est avec stupeur qu'elle découvrit une petite fille extrêmement maigre, qui semblait avoir 8 ans mais qui en avait 10. Effrayée par le corps squelettique qui s'offrait à ses yeux elle fit tomber le plateau au sol. Elle qui n'avait jamais vécu dans l'opulence elle venait de voir le corps le plus décharné qu'elle ,'avait jamais vu, elle faillit en vomir. Mais elle avait trop de respect pour le prix de la nourriture pour cela. Ramassant les déchets au sol, elle ne détachait pas son regard de cet être fantomatique qui la voyait sans bouger ni émettre un son. Sentant son cœur faire un bond, elle s'approcha du lit comme de la dépouille d'un mort. Par instinct elle posa l'un de ses doigts sur le drap à moitié découvert, afin de voir si ce qu'il contenait était encore bien en vie. Une odeur assez désagréable flottait dans l'air. Mais elle ne savait pas bien ce que cela pouvait être.

La porte grinça légèrement. La servante eut un sursaut et se retourna, apercevant le grand jeune homme, une écharpe en soie autour du coup piquée d'une perle blanche comme la neige.

- Je savais que vous finiriez par rentrer, ne vous inquiétez pas. Sinon j'aurais demandé à mes autres servantes de fermer la porte à clef.

Devant le regard intrigué de son hôte il poursuivit:

Je voulais simplement savoir si vous disiez vrai quand vous affirmiez ne pas avoir peur de vous occuper d'enfants aux maladies mortelles. Maintenant je sais que vous êtes quelqu'un en qui je peux avoir confiance. Je vous payerez le double de ce que vous gagnez si vous acceptez de vous occuper de cet enfant. Personne ne veut rester à son chevet et comme vous le voyez... enfin, vous savez ce que je veux dire... "

Comme à son habitude elle acquiesça d'un mouvement franc, les yeux encore un peu surpris, les morceaux de nourritures encore dans la main.

Les jours passèrent et il n'était pas rare que la servante reconvertie en nourrice se sente désemparée devant le peu d'appétit que montrait la nouvelle protégée qu'elle avait en charge. Non seulement elle ne voulait pas imaginer ce que son maître lui dirait si elle laissait mourir celle qu'il lui avait confié, mais ne plus de cela, c'était son salaire qui partirait avec cette petite ! Un brin d'humanité l'avait peut être traversé, mais quand notre plus gros soucis est de savoir si il y aura à manger demain, la mièvrerie et les larmes n'ont pas leur place. Chaque jour elle essayait de lui parler, mais elle restait muette. En se renseignant elle apprit que de toute façon jamais personne n'avait entendu sa voix depuis qu'elle était arrivé. Visiblement c'était une enfant orpheline et qui avait été baladée d'endroit en endroits, jusqu'à finir dans un établissement ou on l'exploitait comme une esclave avec d'autres orphelins.

- " On se fiche bien des orphelins par chez nous je le sais ma petite caille ! Tu sais nous on a bien de la chance que ce Monsieur La Vérité il nous ait pas laisser crever jt'e le dit moi ! lui disait-elle de temps en temps comme un refrain qu'elle utilisait lors des silences pesant, lorsque la pitié s'installait un peu en elle et qu'elle s'y refusait. Mais tu sais tu devrais profiter de cette chance, et puis te requinquer, manger un peu ma petite caille ! Tiens donc, regarde tout ce qu'il y a de compliqué dans cette fiole... Eh ben, la science j'y comprend rien moi ! Tu sais j'ai pas été à l'école j'suis comme toi moi ! Tu sais lire toi ?

En réponse elle eut un faiblement signe positif de la tête. Depuis qu'elle était arrivée ici, on lui avait apprit l'alphabet moderne et depuis peu la langue qui avait précédé l'actuelle usité dans les terres de Nebel. Mais elle n'avait pas la force nécessaire pour apporter autant de précisions. La jeune femme la scruta et se mit à applaudir:

Toi t'es pas commune alors ! Je veux que tu ailles mieux, comme ça tu me dira enfin ce qu'il y a de savant dans tout ces livres que je comprend pas et que je peux pas déchiffrer. Tu voudras bien dit ? Et p'tête même que j'suis pas trop bête pour que tu m'expliques comment ça marche ! "
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MessageSujet: Re: Il était une fois dans Nebel   Mar 2 Sep - 21:30

C'est ainsi que l'ex paysanne commençait déjà à se réjouir de pouvoir devenir savante. Le temps était gris comme toujours au pays des cauchemars, et les fièvres allaient bon train. Dans ses moments d'accalmies, Cako essayait de tirer des informations des papiers sur le bureau de son mystérieux bellâtre, ou encore des traités de théologies, auxquels Eïkiko elle même ne devait pas comprendre grand chose. Elle essayait de répondre aux demandes qu'on lui soumettaient. Cela faisait longtemps que sa voix ne lui avait pas servie, aussi était-ce une certaine épreuve. Mais c'était moins fatiguant que d'essayer de se nourrir.

Trois mois plus tard, l'évangile premier avait été lu. Tout comme dans la bible chrétienne, l'histoire des temps étaient racontée, ajoutée à la vie d'un prophète, dont le nom était tout simplement désigné par le seigneur des seigneur, ou " Dieux", mais dont le vrai nom était interdit de citation. Cette histoire intriguait d'ailleurs beaucoup la jeune servante, qui fit part de ses nouvelles angoisses existentielles à celle qui lui servait d'yeux pour lire. Cako prit l'habitude d'être en remerciement ses jambes et ses oreilles. Lui répétant tout ce qu'elle savait de l'extérieur, lui décrivant le cour des saisons, ce que devenaient les gens de la contrée. Cette femme était une mine d'information, elle était tellement discrète qu'elle pouvait entendre toute les discussions, et ne s'en privait pas. Comme elle disait " je te le répète à toi par-ce que je ne vois pas à qui toi tu le répèterais ". A mesure qu'elle répétait cette phrase, elle prit sans doute conscience de la solitude qui devait accabler cette jeune enfant. Elle se mit donc à réfléchir. Que pouvait-elle faire pour rendre son quotidien plus agréable ? Après tout elle était payée pour garder cette petite en vie, et sa mère ne lui avait-elle pas répété toute sa vie que les maladies sont une affaire de santé mentale autant que de santé physique ?

Un soir, alors qu'elle déposait des livres sur une chaise contre le lit, comme tout les soirs depuis un moment, elle prit soin de la border, et s'agenouilla quelques instants:

- " Dis moi, est-ce que tu ne crois pas que ça te ferait du bien de voir un peu des enfants de ton âge ?

Essayant de se redresser, elle cligna calmement et souplement de ses paupières noircies par la fatigue:

- Pou... pou...r...rquoi ? demanda-t-elle d'une voix mal assurée.

- Tu ne vas pas rester dans ce lit toute ta vie tu sais.

- Il vaudrait mieux que je meurt. Monsieur La Vérité ne veut pas que je guérisse. Il dit que comme ça je lui suis utile. "

La jeune femme s'empressa de prendre sa température, croyant qu'elle était en train de faire une crise de délire.

* Cette petite doit avoir subit des séquelles à cause de cette maladie. * C'est ce qu'elle pensait. Il est vrai que ce mal durait depuis des mois à présent, plus d'un an.

D'un autre côté, il était vrai qu'on pouvait se poser la question : " pourquoi tout ces enfants étaient-ils recueillis ?" Y avait-il à Nebel un homme assez bon pour nourrir et soigner des enfants dont la vie était pratiquement voué à la mort dans tout les cas ? Elle n'avait jamais douté de cela, jusqu'à ce qu'elle se rappelle de ce que cet homme lui avait dit. Il avait confiance en elle, mais elle avait accepté ce travail pour l'argent et non pas par-ce qu'elle était altruiste. Les apparences sont trompeuses, ne le lui avait-on pas assez répété ? C'est à ce moment qu'elle commençait à comprendre l'avantage d'être ignorant : il en découle qu'aucune responsabilité ne peut vous être octroyée. A bien y réfléchir, elle s'attachait un peu trop à cet être misérable, qui allait peut être passer le cap pendant une nuit prochaine. Peut être qu'un matin elle se réveillerai, irait la voir pour lui donner ses médicaments et qu'elle serait froide comme du gigot... Toutes ces pensées étaient trop profondes pour elle. Peut être devrait-elle en parler à quelqu'un de plus intelligent. Son maître ? Il allait trouver ses réflexions trop étranges. Peut être même la congédierait-il pour commencer à poser trop de questions. Avec tout ce que cette chose insignifiante, incapable de se mouvoir avait entendu à son sujet, ses confessions quotidienne, et ce qu'elle lui avait demandé de lire, il valait peut être mieux pour elle aussi que cette gamine emporte toute ces choses avec elle. Dire que quelques minutes plus tôt elle ne pensait qu' à guérir cette pauvre enfant et qu'à présent elle souhaitait sa mort. Voila pourquoi s'occuper d'enfant malade était éprouvant. Ce n'était pas seulement la peur d'être contaminé. Perdue dans ses pensées, elle contemplait le tableau représentant elle ne savait quoi. D'après elle, une magnifique personne au centre, et autour un garde du corps et une mendiante.

- " Il est beau ce tableau n'est-ce pas ? pensa-t-elle à haute voix, rêveuse.

- C'est... la déesse Cauchemar...

Un frémissement la parcourut. La déesse Cauchemar, une idole païenne ? Cette fois c'était sur, la fièvre avait eut raison de son bon sens ! Comment un ecclésiastique de renom comme La Vérité pouvait avoir une idole païenne ici ?

- Mais... ce n'est pas possible tu le sais bien... Nous n'avons qu'un seul dieux ici et il ne s'appelle pas " Cauchemar "

- Tu n'as pas remarqué les statues dans l'entrée ? Aucune fenêtre ne donne sur le hall, alors on ne les vois pas.

Voila un moment qu'elle s'était attardée, alors qu'elle aurait dut rentrer à ses appartements; la curiosité était trop grande, comment ne pas rester pour écouter la suite ? Autant dire qu'elle ne tarda pas trop, mais qu'après ce qu'elle avait entendu, elle n'en dormi pas de la nuit. Ce tableau la fascinait, encore et encore, si bien qu' elle demanda à en savoir plus. Depuis un certains temps elle avait commencé à apprendre à reconnaitre certains mots, et à déchiffrer la plupart des syllabes. On ne pouvait pas dire qu'elle savait lire, mais si l'on lui montrait le dessin d'un mot, elle pouvait le reconnaitre. Aussi réclama-t-elle à être informée du contenu de tout les livres qui ne parlaient pas de la religion officielle. Pour tout dire, sur les centaines de livres présents, seulement une dizaine étaient à propos de la religion officielle, et beaucoup servait à en proposer une interprétation inédite. Elle apprit ainsi qu'il existait un culte interdit, vénérant les dieux d'un royaume polythéiste. Beaucoup de livres à ce sujet étaient écris en langues ancienne. Il y avait deux langues anciennes, celle utilisée avant l'ère actuelle, et une autre utilisée avant l'instauration de la religion officielle. Il y avait aussi des livres écris dans d'autres langues, mais Eïkiko ignorait totalement d'où elles pouvaient provenir. A ce qu'elle avait lu encore, un deuxième royaume était en guerre avec le premier.

La déesse Cauchemar qu'elle avait admiré sur le tableau était l'enfant censée mettre fin à la guerre entre les dieux, mais d'après la légende, elle se serait égarée en terre mortelle. Les versions différaient selon la base du culte interdit se basait sur le fait que des dieux s'étaient dispersés parmi les humains. Trois dieux: la déesse disparue, Hermès le fautif, et Opium, la fille du seigneur des dieux, puis des demis dieux ou des héros qu'on avait envoyé chercher Cauchemar. Si l'on ignorait pratiquement tout des autres déités, on savait de celle à qui le livre était dédié, qu'elle avait le pouvoir de provoquer la mort pendant le sommeille, et que seules des âmes ayant plus souffert hors de leurs songes, que pendant le chaos qu'elle provoquait dans les rêves pouvaient survivre. Cela n'était qu'une rumeur parmi d'autres, toutes aussi effrayantes les unes que les autres, et la bibliothèque, qui ne devait être qu'un échantillon des recherches de leur propriétaire prouvait bien l'obsession qu'il avait pour ce sujet.

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